Cinq collections, cinq façons d'entrer

Nous aurions pu ranger nos tableaux par couleur, par format, par prix. Nous les avons rangés par ce qu'ils regardent.

Amazigh commence par les gens. Silhouettes drapées, parures d'argent, signes tatoués, laines au sol : ce que le Maroc porte sur lui et transmet sans l'écrire.

L'Atlas monte. Kasbahs de terre rouge, villages accrochés en terrasses, amandiers en fleurs et sommets enneigés — une géographie qui change de couleur tous les cent mètres.

Les Médinas redescendent dans la ville. Ruelles bleues, portes cloutées, linge aux balcons, terrasses au couchant. C'est la collection des angles serrés et des murs qui se touchent.

Géométries enlève les figures et garde le dessin. Zellige, losanges, khatam, entrelacs : l'abstraction marocaine, qui n'a jamais eu besoin de représenter pour dire.

Art de vivre entre dans la maison. Le thé versé de haut, le henné sur les mains, la musique, le pain — les gestes que l'on refait sans y penser.

Cinq, et pas six. Nous en avons essayé d'autres, nous les avons retirées : une collection ne tient que si l'on peut dire en une phrase ce qu'elle regarde. Celles qui demandaient un paragraphe n'avaient rien à faire là.

On entre par celle qui appelle. Le reste suit.